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Projection du 03 juin 2015

La vie est belle, Roberto Benigni, 1997

La vie est belle (La vita è bella) est l’œuvre de l’Italien Roberto Benigni, sortie en 1997. Avec plus de 4 millions d’entrées en France, ce film a reçu un succès mondial dès sa sortie dans  les salles. Il a remporté sept distinctions internationales comme l’Oscar du meilleur film et le Grand Prix au festival de Cannes. 

 

La vita è bella est une comédie dramatique qui raconte l’histoire d’une famille italienne juive déportée en camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale. Roberto Benigni, le réalisateur, définit son film comme un conte philosophique.

 

 

 


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L’histoire commence en 1938. Le personnage principal, Guido, un jeune homme plein de joie de vivre, rencontre une femme, Dora, dont il tombe amoureux. Destinée tout d’abord à se marier à un bureaucrate fasciste, la jeune femme s’échappe avec Guido le jour de ses fiançailles. Cinq ans plus tard, ils ont un fils Giosuè et mènent une vie heureuse : Dora continue à enseigner dans l’école de la ville et Guido réalise finalement son rêve d’ouvrir une librairie. Cependant, les lois raciales antisémites se répandent et toute la famille est déportée vers un camp de concentration dans lequel Guido fait tout pour que son fils ne découvre pas les vraies intentions des SS. Il fait croire à Giosuè que cette déportation est un jeu dont le but est de gagner un maximum de point pour remporter un char à la fin de la partie. 

Une des premières caractéristiques de ce film est sa structure. Le film se divise en deux parties : la fondation d’une belle famille dans la première partie, qui s’oppose à la seconde partie consacrée à la déportation. 

Les spectateurs  ont aussi noté  que ce film est basé sur une suite de « coups de chances », de hasards qui donnent à l’œuvre une certaine légèreté. Tout au long du film c’est par ailleurs une phrase de Schopenhauer qui marque l’histoire d’un certain espoir. 

Certes, le « jeu »  de Guido aurait été complètement irréalisable dans un vrai camp de concentration. Dans le film, il fonctionne puisque Giosuè survit. La majorité des élèves ont apprécié cette dimension fantaisiste, cet enchaînement de  coups de chance  qui donnent au film une subtilité remarquable et qui tourne tout en dérision malgré un contexte tragique.

Si la légèreté du film véhicule aussi une dénonciation, le réalisateur ne se prive pas d’utiliser l’invraisemblance comique pour séduire ses spectateurs. Pour les élèves du cinéclub ceci a certainement fonctionné : l’invraisemblance a permis d’alléger cette période noire de l’histoire. Par exemple, dans la scène où Guido est censé traduire les instructions du camp de concentration, il se livre à une explication des règles du « jeu ». Le contraste entre la brutalité de l’officier et les expressions de Guido rend cette scène comique, alors qu’elle montre un père qui ne veut pas faire comprendre à son fils qu’il a été amené dans ce camp pour y mourir. 

Pour certains,  l’invraisemblance de l’œuvre dans son intégralité amène un certain malaise chez le spectateur, qui se sent coupable de rire. Pour d’autres, cette invraisemblance permet justement au public de ne pas se sentir coupable. Le réalisateur inciterait plus le spectateur à s’interroger plutôt qu’à culpabiliser. Par ailleurs, sans ce degré d’invraisemblance qui atténue l’horreur de la déportation, la comédie serait impossible.

Quelques-uns ont aussi reproché au cinéaste Begnini de ne pas laisser place à la moindre ambiguïté, le spectateur est dès lors « obligé » de compatir, de ressentir les émotions transmises, voire imposées par les acteurs. 

Vient cependant un moment où l’invraisemblance de l’œuvre va être contredite par l’apparition d’un tas de cadavres, rappel de la triste réalité de ces camps. En effet, jusqu’à cette scène Guido circule facilement dans le camp, sans être réellement puni : la vie d’un juif dans un camp apparaît étonnamment simple… Arrive alors cette image, qui est la seule  et unique évocation directe des horreurs de la Shoah. Quelques élèves ont trouvé cette scène inutile car d’une part elle fait appel à des connaissances sur la Seconde guerre mondiale que, de toute façon, tout le monde est censé avoir, et d’autre part parce que ce tas de cadavres n’est pas conforme avec l’invraisemblance de l’œuvre et crée un décalage finalement gênant. D’autres ont pensé que cette scène a permis au réalisateur de bien faire comprendre que l’amour de Guido pour sa famille le pousse à sauver son fils d’une mort certaine, symbolisée par cet empilement de corps.

Sur un plan plus technique, on a remarqué que les couleurs du film sont très artificielles et le décor est daté. Les gros plans sont aussi fortement exagérés et prédisent avec beaucoup d’insistance les actions qui vont arriver, réduisant ainsi l’effet de surprise.

Malgré quelques réserves exprimées par certains, c’est une œuvre  qui a connu un grand succès parmi les élèves du Ciné-Club. 

Laetitia Mouly