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Projection du 1er avril 2014

The book thief, Brian Percival, 2013

     

La voleuse de livres (The Book Thief) est à l’origine un roman de l’écrivain australien Markus Zusak, paru en 2005. Adapté au cinéma par Brian Percival et sorti en 2013, le film éponyme a été projeté lors d’une nouvelle séance de Ciné-club au Lycée Français de Bangkok.

Il a été proposé par une des élèves qui, adepte des scénarios portant sur les conflits du XXème siècle, y a trouvé une certaine originalité dans la mesure où la guerre n’apparaît pas de manière violente sans pour autant raconter une simple histoire d’amour qui serait séparée des réalités du conflit.


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   La Seconde Guerre Mondiale y est vue à travers les yeux du personnage principal, la jeune Liesel. Comme celui de tout enfant, son regard est encire plein d’innocence face à un monde alors baigné dans une haine inextinguible.

En effet, suite à la mort de son petit frère Max, Liesel est confiée par sa mère, communiste, à un couple d’Allemands, les Hubermann.

Si le premier contact ets très tendu entre la mère adoptive et la fille, le père aide en revanche Liesel à apprendre à lire et à écrire, tandis que les suppôts d’Adolf Hitler crient sur les places publiques de toute l’Allemagne nazie leur haine de la culture et de l’art et y brûlent des millions de livres.

Mais Liesel n’est pas la seule enfant qu'Hans et Rosa Hubermann choisissent d'aider. En effet, le père avait promis à un ami juif l’ayant sauvé pendant la Première Guerre Mondiale de lui venir en aide en toute circonstance. La vie des Hubermann se complique ainsi dès lors qu’ils accueillent Max Vandenburg, le fils de l’ami juif, pour le cacher d’une Gestapo qui le traque sans répit et de voisins délateurs...

Un des principaux reproches qui a été fait à La Voleuse de Livres est son caractère peu réaliste, tant au niveau des effets spéciaux qu’à propos des personnages. Tout d’abord, le réalisateur n’a pas représenté la violence physique exercé sur les citoyens: ainsi les bombardements sont-ils à peine esquissés. Pour certains spectateurs néanmoins, cela est un parti-pris justifié: le deuxième conflit mondial est effectivement une chose irrationnelle, bien trop brutale pour être crédible.

Malgré tout, le réalisateur ne se prive pas à d'autres moments de tricher avec la réalité: des acteurs qui se forcent à parler avec un accent allemand dans des dialogues en anglais pour ajouter une vague "couleur locale" au film, voilà un point sévèrement critiqué par certains. Il semblerait en effet que Brian Percival se soit peu soucié finalement du contexte historique réel, en représentant la société allemande par de simples bribes de conversations en allemand, ou des décors très artificiels.

Cependant, force est de constater que les évènements respectent l’Histoire et la chronologie. C’est peut-être finalement un bon compromis entre le contexte historique local et l’universalité, même si la fin, qui suscite éventuellement les pleurs chez les spectateurs, peut être perçue comme un choix trop simpliste et facile du réalisateur.

Le drame a par ailleurs pour particularité d’être narré par la Mort, dont la présence est pourtant moins marquée que dans le roman. Là où, dans le roman, le comique nous fait ressentir de la sympathie pour cette allégorie de la Mort, la rupture entre l’image et la voix-off, dans le film, a eu tendance à gêner les spectateurs. Si certains voient en ce narrateur une manière plus poétique d’aborder la mort, d’autres en retiennent une artificialité qui nuit au film.

Ce narrateur est peut-être malgré tout une redondance utile, par exemple dans la scène qui suit le bombardement, où une fin à la fois visuelle et auditive permet de rappeller le caractère répétitif de la guerre à l’arrière, entre bombardements et vie quotidienne.

On retrouve cet écho entre image et son au cours du film, par exemple lors de la Nuit de Cristal dont la violence s’oppose à la musique d’un accordéon. Ce contraste entre destruction et douceur souligne la volonté de taire les horreurs de la guerre en «superposant les sens humains», c’est-à-dire en essayant de cacher les blessures physiques (le toucher) par l’esthétique de l’art (la vue et l’ouïe).

Une particularité de ce film s’est aussi révélée être la gestion du suspense. Nombreux sont ceux qui ont regretté l’absence de suite à ces moments intenses. Les montées de tensions n’aboutissant jamais à un évènement important, on pourrait peut-être reprocher au film de ne pas être toujours bien mené. Et pourtant, il semble bien y avoir une balance entre les différents évènements : lorsque Max sourit (ou revient à la vie) de nouveau, Hans est envoyé sur le front...

Quelques-uns ont repproché au cinéaste britannique Brian Percival d’insérer trop d’esthétique et de stéréotypes dans le film. Liesel, avec sa peau blafarde, parfaite et lisse suggère, tous comme les décors, une incarnation artificielle et si l’on peut dire une certaine américanisation de la réalité. Un autre exemple serait l’irréprochable état des cadavres des parents Hubermann, pourtant extirpés des débris suite à un bombardement....

Enfin, la fin du film a été très controversée entre les élèves, qui partageaient presque tous un avis différent. Le plan final sur l’ordinateur Apple a transformé pour certains La voleuse de livres en un vaste cliché avec chute américanisée, tandis que pour d’autres, la fin apportait douceur et finesse au film.

Plusieurs spectateurs ont conclu qu’il fallait dans ce film ce film s'attacher à la valeur symbolique plus qu'u réalisme. Le titre en disait long sur cet aspect, puisque La Voleuse de Livres suggère un moyen de quitter l’atroce réalité dictatoriale pour assouvir ses rêves dans un monde imaginaire. Même si Liesel vole effectivement des livres à plusieurs reprises, c’est surtout le plaisir qu’elle prend à « s’envoler » dans l’univers des mots.

Certains spectateurs ont malgré tout confirmé leur point de vue relativement négatif, rappelant qu' «en tant que spectateur, on accepte de ne pas se soucier du réalisme, mais un cinéaste ne doit pas en jouer pour autant ».

Judith Couvé

Note du public: 4,2/5