orientation
lafibe accueil
dele lfib rouge web
FB
 
 affiche  

Projection du 17 mars 2015

Le Destin, Youssef Chahine, 1997

Le cinéma est sorti de sa salle ce mardi 17 mars, puisque le Ciné Club du LFIB a proposé, pour la première fois, une projection en plein air, ouverte bien justement à tous. C’est Le Destin, un film du réalisateur égyptien Youssef Chahine (1997, prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes), qui s’est offert aux vents de l’Agora devant plus de 50 personnes.

 

Cette grande fresque historique et musicale, située dans l’Andalousie musulmane du XIIème siècle, a été tournée essentiellement en extérieur dans de magnifiques décors naturels. Elle suit le personnage du philosophe musulman Averroès en prise avec une secte musulmane extrémiste qui cherche à renverser le calife Al-Mansour.

 

... (cliquer sur "Lire la suite").

 

LeDestin1

le destin 4

DSC 0557

 DSC 0572

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Située au Moyen-Age, cette histoire n’a pas manqué, au cours du débat qui a suivi, de faire écho à l’actualité, puisque l’extrémisme religieux en est le thème principal, qu’il soit chrétien ou musulman.

Le film a plu pour son message simple en faveur de la tolérance religieuse, un message touchant qui « fait du bien ». Il rappelle en effet combien, au Moyen-Age, le monde arabo-musulman incarnait cet esprit d’ouverture et s’était fait le refuge de la science, en particulier de la philosophie grecque dont Averroès était un grand commentateur. Il dresse un portrait bigarré, chaleureux et festif de l’Espagne musulmane, dont le degré de raffinement se lit dans la magnificence du palais du calife. Il montre enfin la richesse des échanges entre civilisations à travers l’accueil réservé à Joseph, un jeune chrétien arabophone qui va risquer sa vie pour sauver les écrits du musulman Averroès, ou encore à travers les chants et les danses qui mêlent les influences arabes et gitanes.

Les idées et l’art sont ici plus que des moyens de dépasser les clivages religieux ; ils offrent à tous ces personnages une véritable famille, unie dans une même célébration de la vie. A l’inverse, la secte musulmane qui déstabilise le califat est une famille illusoire, dont la danse mécanique  exprime l’aliénation de l’esprit, où le mensonge et la morbidité font loi. Sa façon de s’insinuer insidieusement dans les esprits, de manipuler les structures du pouvoir pour parvenir à ses fins, sont des signaux d’alarmes qui nous rappelaient, dès 1997, combien toute civilisation, aussi éclairée soit elle, est vulnérable.

Les critiques sur le film ont porté essentiellement sur certaines incohérences historiques, un côté parfois carton pâte, des effets ratés, des jeux d’acteurs un peu emphatiques. Autant d’aspects du film qui nous obligent sans doute, et c’est salutaire, à dépasser un certain type de regard, tant nous ne sommes pas habitués à ce cinéma oriental qui fonctionne avec ses propres codes.  Chacun s’accorde à penser en tout cas que l’enjeu du film n’est pas tant de délivrer un message historique, mais bien de réfléchir sur le monde contemporain. On pourra enfin reprocher le caractère trop alambiqué de la trame narrative – et la longueur du film !-  qui dessert sans doute la beauté et la simplicité du message …

Au final, une soirée réussie et plébiscitée par ses participants, qui en appellera d’autres. En attendant, le Cinéclub reprendra ses quartiers, pour la saison des pluies, dans sa salle habituelle, dès le mois prochain ! 

Nathalie Deutsch et Iv Charbonneau