orientation
lafibe accueil
dele lfib rouge web
FB
 
640057Atravmiroir00  

Projection du 14 décembre 2015

A travers le miroir (Sasom i en spegel), Ingmar Bergman, 1961

Ingmar Bergman, réalisateur et dramaturge suédois, reste le seul artiste à avoir reçu la « palme des palmes », le prix le plus honorifique du monde du cinéma.  Fils d’un pasteur, ses thèmes récurrents sont la religion, la psychologie et les conflits  familiaux.  Ses films en noir et blanc, avec des caractéristiques en partie inspirées du théâtre sont à ce jour considérés comme de grands classiques, tel A travers le miroir. Réalisé en 1961, ce film remporte le seul oscar de la carrière du réalisateur et relance la popularité de Bergman sur une scène internationale.

 

L’action se déroule en un seul et même lieu : un père, son fils, sa fille et le mari de celle-ci se retrouvent sur une île isolée pour passer des vacances ensemble. 

 

 


... (cliquer sur "Lire la suite").

 sasom i en spegel 2

77232 050 1243573E

sasom tapet

film a travers le miroir4

tumblr nl5x92Pjj91tmefq7o3 1280

Bergman TAGD1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

Cette famille qui a l’air joyeuse au début de l’œuvre se dévoile tourmentée par la folie de la fille, Karin, qui est aussi le point d’ancrage de cette famille. Karin semble en effet être le lien qui unit tous ces personnages, mais aussi l’origine du drame familial. Elle agit à la fois comme une lumière, avec sa joie de vivre, et comme un « point noir » qui ne cesse de s’étaler sur l’histoire de cette famille.

Peu à peu, on réalise que la folie de cette jeune femme est  aussi un objet qui permet aux trois autres de remplir le vide dont ils souffrent. Ainsi, on découvre que sa maladie devient un nouveau sujet d’écriture pour son père, écrivain en quête de renommée.

Le thème de la famille s’accompagne du thème de l’amour, mais famille et amour semblent ici  « dysfonctionnels ». Martin, le mari de Karin, patiente encore et encore en espérant retrouver une véritable intimité avec sa femme qui s’éloigne de lui. Il n’est plus un époux, mais plutôt un père pour Karin, et peut-être est-il aussi en train d’attendre sa mort pour trouver une nouvelle compagne. 

A travers le film, la question de la religion se révèle de plus en plus importante. Les spectateurs ont pu voir en David, le père de famille, une figure de Dieu dans le film. En effet, son fils cherche toujours à communiquer avec lui, à gagner son amour, à le retrouver alors qu’il n’est jamais là et reste insaisissable. Le film se termine par un dialogue entre David et son fils devant l’océan éclairé par la lumière du soleil, dialogue qui se conclut par l’exclamation du fils : « Papa m’a parlé ! ».

De même, la folie de Karin pourrait être l’expression d’une croyance religieuse. Cette ambiguïté entre la folie et la religion est sans doute une des idées que Bergman voulait transmettre aux spectateurs. 

 Sur un aspect plus technique, le film pourrait se diviser en deux parties. Les spectateurs du Ciné-Club ont souvent trouvé la première partie très théâtrale, assez lente et chargée de dialogues denses et parfois répétitifs. Dans la deuxième partie, Bergman emploie des procédés plus cinématographiques, comme des gros plans et des zooms qui rendent le film plus intense, ou encore des effets sonores qui évoquent la folie et l’angoisse de la maladie de Karin.

  La scène entre Karin et son frère dans le bateau, sur laquelle plane l’ombre de l’inceste, est sans doute l’élément déclencheur de la seconde partie. C’est à partir de ce moment que la maladie de Karin nous est présentée comme une terreur qui détruit cette famille. Cette angoisse est particulièrement marquée dans le regard de Minus, le jeune frère, peut-être celui qui a le plus aimé Karin, qui se durcit quand il se retrouve dans ce bateau naufragé, à l’image de cette famille. 

 

A Travers le Miroir de Bergman est ouvert à toutes sortes d’interprétation. Il nous offre une image de la famille qui allie deux faces : l’une joyeuse, vue de l’extérieur, qui s’oppose à l’autre, celle des réalités angoissantes de l’intérieur.

Laetitia Mouly